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Pastoralisme et ours : nouvelle feuille de route adressée au préfet coordinateur de massif des Pyrénées

Le préfet coordinateur du massif Pyrénées a  reçu une feuille de route intitulée   « Pastoralisme et ours » visant à mieux concilier l’activité pastorale en montagne avec la présence de l’ours. Cette feuille vise en particulier une réduction de la prédation sur les troupeaux et une rénovation de la gouvernance locale. Celle-ci tient compte des conclusion d’un rapport de mission du CGEDD et du CGAAER ainsi que des échanges résultant de la concertation locale.

L’État rappelle que, dans les conditions actuelles de la dynamique de population, il n’engagera pas de nouvelles réintroductions d’ours, sauf en cas de mortalité, notamment liée à une cause anthropique. La population compte actuellement 40 individus en 2018 (contre 47 en 2017), l’objectif étant d’atteindre une population ursine voisine de 50 individus d’ici dix ans.

Cette feuille de route apporte des réponses concrètes aux attentes des éleveurs, dès la saison d’estive 2019, notamment par :
– une meilleure information des éleveurs sur la localisation des ours (localisation des plantigrades par SMS) et le développement des moyens de communication dans les estives (distribution de radiotéléphones) ;
– un accompagnement financier renforcé des éleveurs pour le déploiement des mesures de protection des troupeaux (parcs, chiens et bergers) dans les Pyrénées ;
– la mise en place d’un dispositif d’effarouchement graduel des ours, pour les estives qui font l’objet d’une prédation ursine en dépit de l’utilisation de mesures de protection des troupeaux (moyens sonores, lumineux, olfactifs, puis tirs non létaux réalisés par des personnels de l’Office National de la Chasse et de la Faune sauvage). Ces actions d’effarouchement bénéficieront notamment d’un appui technique dédié de l’État (ONCFS) ;
– une revalorisation de l’indemnisation des pertes subies par les éleveurs du fait de la prédation de l’ours ;
– la mise en place d’une gouvernance « pastoralisme et ours », pour l’ensemble du massif. Cette nouvelle gouvernance permettra d’assurer une mise en œuvre concertée de la feuille de route.

Cependant, les mesures de la feuille de route sont jugées insuffisantes par les représentants du monde agricole, notamment le dispositif d’effarouchement graduel, à l’exception du renoncement à de nouvelles réintroductions. Quant aux associations de protection de l’environnement, elles regrettent que l’Etat renonce à toute nouvelle réintroduction et sont vent debout contre le dispositif d’effarouchement graduel : elles ont même boycotté la réunion de présentation de la feuille de route le 6 juin 2019.

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