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Lutte antiparasitaire contre le champignon Phytophthora ramorum

Des recommandations de l’ANSES sont prises concernant la surveillance de la propagation de ce « pseudo-champignon », qui présente un risque important pour de nombreux végétaux d’ornement et forestiers. Elles visent aussi à prévenir les risques d’introduction et à éradiquer les foyers où il est déjà établi.

Connu en Europe depuis le début des années 2000, Phytophthora ramorum est un agent phytopathogène pouvant entraîner des nécroses foliaires sur des plantes ornementales, principalement les rhododendrons et les viornes.

Détecté pour la première fois en France dans le Finistère sur des mélèzes du Japon en mai 2017, cet organisme nuisible fait l’objet d’une attention particulière des autorités sanitaires.

Suite à une saisine du ministère chargé de l’agriculture, l’Agence nationale de sécurité sanitaire alimentation, environnement, travail (ANSES) a mené une expertise afin « d’identifier les facteurs climatiques et anthropiques propices à l’établissement et à la dissémination de ce pseudo-champignon, mais également d’identifier les espèces forestières potentiellement menacées par cette dissémination ».

Selon l’Agence, et compte tenu de sa large gamme d’hôtes, « de nombreuses espèces forestières au-delà du mélèze pourraient être menacées par Phytophthora ramorum lorsque les conditions climatiques sont favorables à son développement ». Elle recommande donc « la conduite d’une surveillance intensive, en priorité en Bretagne pour détecter les éventuels nouveaux foyers de Phytophthora ramorum, ainsi que dans d’autres régions climatiquement favorables à son développement (Normandie, Limousin,…) et où des densités importantes d’espèces vulnérables et capables de transmettre l’infection sont plantées (notamment mélèzes et châtaigniers) ».

Remarque : dans les zones climatiquement favorables au développement de cet organisme nuisible, l’ANSES préconise également d’éviter la poursuite de la plantation des trois espèces de mélèze en raison de leur vulnérabilité.

En cas de détection de Phytophthora ramorum en forêt, l’Agence recommande que des mesures d’éradication soient prises vis-à-vis des espèces forestières infectées, « y compris celles des sous-étages telles que Rhododendron ponticum ». 
Afin de prévenir l’introduction de Phytophthora ramorum à partir d’espèces hôtes ornementales en France et dans l’Union européenne, l’Agence recommande qu’un contrôle des pépinières ornementales et des jardineries soit intensifié.

L’Agence souligne également « la nécessité de mettre en place une information vis-à-vis des propriétaires de parcs et jardins afin de les sensibiliser au risque d’introduction non contrôlée de matériel végétal hôte de Phytophthora ramorum en provenance de zones infectées (Bretagne et Grande-Bretagne) ». Des travaux de recherche devront également être menés pour « combler les incertitudes notamment sur le rôle épidémique du châtaignier (très largement présent dans des climats propices) et évaluer la sensibilité au changement climatique de l’évolution de la pathogénicité de Phytophthora ramorum »

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