Le secteur de la forêt et des bois est au cœur de la stratégie française énergie-climat pour essayer d’atteindre l’objectif de neutralité carbone en 2050. Une étude conduite et concrétisée par l’Institut national de l’information géographique et forestière (IGN) et l’Institut technologique FCBA (Forêt Cellulose Bois-construction Ameublement), avec l’appui d’un comité pluridisciplinaire d’experts, propose différentes simulations d’évolution de la ressource forestière sur le territoire de la métropole française d’une part, de récolte et des usages du bois d’autre part, et dresse un bilan carbone associé à chaque scénario. Cette étude est réalisée avec l’appui du ministère de la transition écologique et de la cohésion des territoires (MTECT), du ministère de l’agriculture et de la souveraineté alimentaire (MASA) et de l’ADEME.
Le secteur « forêt-bois » concourt à la lutte contre le réchauffement climatique et le dérèglement climatique suivant plusieurs modalités : la séquestration de carbone dans les écosystèmes forestiers grâce à la photosynthèse, le stockage du carbone dans les produits en bois à longue durée de vie, l’évitement d’émissions de gaz à effet de serre par substitution de produits dont la fabrication consomme davantage d’énergies fossiles (acier, verre, aluminium, etc.) et comme énergie renouvelable.
Cette étude se distingue par son envergure et la diversité des facteurs qu’elle prend en considération, et fournit des éléments chiffrés en appui aux politiques publiques relatives à la forêt, à la récolte et aux usages du bois, ainsi qu’au climat. Diverses trajectoires d’évolution conjointe de la ressource forestière de la France métropolitaine et du bilan de carbone intégré de la filière forêt-bois sont simulés aux horizons 2050 et 2080, en tenant compte notamment de différents scénarii concernant les niveaux des récoltes, les effets du changement climatique et les scenarii de renouvellement des peuplements forestiers.
Les principaux résultats sont présentés dans une synthèse de 4 pages publiée conjointement à l’étude. Il en ressort plusieurs enseignements :
- Une complémentarité entre l’amont et l’aval, essentielle pour maximiser le bilan carbone : bien que la plupart des divers scénarii prospectifs montrent une diminution de la contribution du secteur « forêt-bois » à la séquestration du carbone, il reste un allié dans la lutte contre l’effet de serre. Cette complémentarité amont-aval, passant par une contribution renforcée des usages du bois, est d’autant plus importante dans les scénarii où le climat se dégrade, et pour lesquels le puits forestier se fragilise le plus ;
- Une nécessité de prendre en compte de multiples enjeux dépassant le carbone : enjeux économiques, sociaux et environnementaux, y compris sur la biodiversité et l’emploi dans les territoires ruraux ;
- Une nécessité d’ajuster chaque maillon du secteur « forêt-bois » au changement climatique pour préserver, voire renforcer le stockage de carbone, notamment via le renouvellement par des essences compatibles avec les conditions futures, la prise en compte des risques et des crises dans la gestion forestière et dans la valorisation des bois ;
- Une prospective qui souligne des incertitudes et appelle à poursuivre les recherches et expertises intersectorielles.
