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Rapport de l’IUCN – Le renouvellement des enjeux liés à l’huile de palme

L’organisation International Union for Conservation of Nature (« IUCN ») a recommandé, dans son rapport de juin 2018, intitulé « Oil palm and biodiversity : A situation analysis by the IUCN Oil Palm Task Force », une amélioration de la planification des nouvelles plantations de palmiers afin d’éviter le déboisement de forêts tropicales. Au travers de ce rapport consacré à l’huile de palme et à la biodiversité, l’IUCN analyse les effets d’une éventuelle interdiction de l’huile de palme sur la déforestation des forêts tropicales.

Bien que l’IUCN ne contredit pas le fait bien établi que l’huile de palme nuit à la biodiversité mondiale dans la mesure où 193 espèces considérées comme menacées par la Liste rouge de l’IUCN sont concernées – les orangs-outans, les gibbons et les tigres étant parmi les espèces les plus affectées,  l’ONG souligne que les autres cultures oléagineuses requièrent jusqu’à neuf fois plus de terres que l’huile de palme pour la même production, le remplacement de cette dernière par d’autres cultures augmenterait significativement la surface terrestre totale utilisée pour la production d’huiles végétales afin de satisfaire la demande mondiale. Selon le rapport, c’est en évitant davantage de déforestation liée à l’huile de palme que l’on obtiendrait, de loin, les plus gros gains pour la biodiversité.

Dès lors, il convient de se focaliser sur l’amélioration de la planification des nouvelles plantations de palmiers à huile, afin d’éviter le déboisement des forêts tropicales ou des zones de tourbières, et sur l’amélioration de la gestion des pans de forêts encore intacts dans les plantations, que l’on appelle « zones mises en réserve ». Ainsi, l’huile de palme certifiée s’est avérée, jusqu’à présent, à peine plus efficace pour empêcher la déforestation que son équivalente non-certifiée, mais l’approche est encore relativement nouvelle et possède un potentiel pour améliorer la durabilité. Il convient d’accentuer les efforts pour garantir que les engagements en faveur de la durabilité soient respectés et que leur signalement soit transparent, et qu’il reste une demande pour l’huile de palme certifiée.

Les auteurs recommandent que les politiques gouvernementales protègent les forêts dans les pays produisant de l’huile de palme et d’autres huiles, et limitent la demande pour les utilisations non-alimentaires d’huile de palme, comme les biocarburants. Enfin, une plus grande sensibilisation des consommateurs dans les principaux pays consommateurs – Inde, Chine et Indonésie – pourrait fortement accroître la demande en huile de palme certifiée.

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