Parkings et ombrières solaires : ce que change la loi Huwart du 26 novembre 2025

L’obligation d’équiper les parkings extérieurs de plus de 1 500 m2 en ombrières photovoltaïques (issue de la loi APER) continue d’évoluer. La nouvelle loi « Huwart » du 26 novembre 2025 vient de corriger plusieurs points techniques pour faciliter la mise en œuvre des projets et lever certains blocages administratifs.

1. Le retour de l’ombrage « mixte » (arbres + panneaux)

C’est une victoire pour la cohérence environnementale. Jusqu’ici, l’administration imposait une vision binaire : soit vous installiez des ombrières sur 50 % de la surface, soit vous aviez assez d’arbres pour couvrir 50 % du parking. Le mélange des deux n’était pas officiellement reconnu comme une solution de conformité.

La loi Huwart autorise désormais de combiner ces deux procédés. Pour être en règle, il suffit que les ombrières solaires couvrent au moins 35 % de la moitié de la surface du parking, le reste étant complété par de la végétation. Cette mesure est cruciale : elle évite aux propriétaires d’avoir à abattre des arbres existants pour faire de la place aux panneaux solaires.

2. Un nouveau calendrier pour les panneaux « haute performance »

Le législateur souhaite encourager l’achat de panneaux solaires de « seconde génération » (fabriqués en Europe, plus efficaces et plus écologiques). Comme ces équipements ne seront produits massivement qu’à partir de 2027-2028, des délais supplémentaires ont été accordés pour ne pas pénaliser ceux qui font le choix de la qualité.

  • Pour les parkings de plus de 10 000 m2 : L’installation doit être faite avant le 1er janvier 2028, à condition de justifier d’un acompte avant juin 2026 et d’une commande ferme avant fin 2026.
  • Pour les parkings entre 1 500 et 10 000 m2 : L’échéance est portée au 1er janvier 2030, avec un acompte à verser avant juin 2027 et une commande avant fin 2027.

À noter : si le fabricant ne peut honorer le contrat, le propriétaire dispose d’un délai de secours de 18 mois pour se retourner.

3. La primauté du verdissement sur les règles locales (PLU)

C’était une crainte majeure des praticiens : qu’un Plan Local d’Urbanisme (PLU) bloque un projet pour des raisons de hauteur ou de calcul d’emprise au sol. Parfois, les ombrières étaient comptabilisées comme de la surface bâtie, dépassant ainsi les limites autorisées par la mairie.

La loi Huwart clarifie définitivement ce point : les règles des PLU ne peuvent plus s’opposer à l’installation d’ombrières ou de dispositifs de végétalisation prévus par la loi. Cette précision « pédagogique » sécurise les porteurs de projets face à des interprétations parfois restrictives des services d’urbanisme locaux.


Ce qu’il faut retenir

Ces ajustements montrent que le droit de l’énergie devient plus pragmatique. On ne demande plus de choisir entre « l’arbre et le panneau », mais de concilier les deux. Pour les gestionnaires de parkings, ces nouvelles marges de manœuvre permettent de construire des projets plus durables sans risquer des sanctions immédiates.

À propos de l’auteur

COUSSY AVOCATS ENVIRONNEMENT ENERGIE URBANISME

Reconnu en droit de l'énergie et de l'électricité (CRE)
Reconnu en droit de l'environnement
Reconnu en droit de l'urbanisme
Reconnu en droit de la sécurité (CNAPS, CNAC, CIAC)

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