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Présence de pesticides dans les cheveux de femmes enceintes et d’enfants

La nouvelle enquête APAChe démontre la présence de divers résidus de pesticides chez les femmes enceintes, les enfants et les travailleurs des vignes du Médoc. Certains de ces pesticides sont des cancérigènes ou des perturbateurs endocriniens.

Le Collectif Info Médoc Pesticides (CIMP) et l’association Eva Pour La Vie viennent de publier un nouveau volet de l’enquête APAChe (Analyse de pesticides agricoles dans les cheveux) que Générations Futures avait réalisé avec le Collectif en 2013.
Dans cette nouvelle enquête, les deux organisations ont fait analyser les mèches de cheveux de 10 riverains (5 femmes enceintes et 5 enfants) et 10 travailleurs des vignes, tous situés sur le Médoc. Les prélèvements de cheveux ont été effectués en fin de saison de traitement en 2017 et 2018
Comme en 2013, les résultats montrent la présence de divers résidus de pesticides dont certains sont des cancérigènes ou des perturbateurs endocriniens suspectés. En effet, sur les 30 pesticides recherchés, 53% ont été détectés et 56% des détectés ont été quantifiés :
– 37,5% sont cancérigènes possibles,
– 69% sont reprotoxiques possibles,
– 37,5% sont pertubateurs endocriniens suspectés,
– 81% sont classés CMR (cancérigènes, mutagènes, reprotoxiques).
Un herbicide a été détecté, le diuron, interdit en 2008 et déjà détecté lors du premier volet de l’enquête.
Le Collectif Info Médoc Pesticides demande donc à la profession viticole, aux institutions qui la représentent, au Comité interprofessionnel des vins de Bordeaux et aux pouvoirs publics d’adopter un certain nombre de mesures, parmi lesquelles :
– l’interdiction des molécules classées CMR et perturbateurs endocriniens sur toutes les parcelles de vignes situées à proximité de lieux de vie (au moins jusqu’à 200m) ;
– l’accompagnement technique et financier de la profession, vers une viticulture biologique ou biodynamique ;
– l’allongement des délais de rentrée à 48h minimum pour les pesticides issus de la chimie de synthèse non classés, à 96h pour les autres ;
– l’nterdiction d’appliquer des pesticides issus de la chimie de synthèse à moins de 200m de travailleurs des vignes intervenant dans des parcelles voisines ;
– l’information obligatoire et systématique de toute la population sur les dates de traitements des vignes.
Précision : le Collectif « incite chaque personne à se rapprocher des professionnels viticoles pour obtenir cette information, les parents d’enfants scolarisés dans des écoles situées aux abords de vignobles à les retirer de l’établissement si des mesures de protection ne sont pas adoptées et les travailleurs des vignes à exercer leur droit de retrait s’ils sont exposés à des pulvérisations de pesticides ».

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