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Circulation de pesticides interdit : L’ANSES dénonce

Une étude de l’ANSES montre que des pesticides interdits étaient toujours en circulation en France en 2016. Et pourtant, elle ne se fonde que sur les cas d’intoxication déclarés aux centres antipoison et de toxicovigilance.

En janvier dernier, l’Agence nationale de sécurité sanitaire alimentation, environnement, travail (ANSES) avait déjà révélé la présence de pesticides interdits dans les couches pour bébé . La même Agence vient de rendre publique une étude qui montre une nouvelle fois que des pesticides interdits étaient toujours en circulation en 2016. Ici, les chercheurs ont regardé les intoxications enregistrées par les CAPTV (centres antipoison et de toxicovigilance) et les CAPV (centres antipoison vétérinaires) entre 2012 et 2016 dans le cadre de leurs réponses par téléphone aux urgences toxicologiques.

Nombre de cas d’intoxication

408 cas d’expositions humaines ont été rapportés au réseau pendant la période d’étude. Les cas concernaient d’abord des insecticides (54,4 %), puis des herbicides (33,3 %) et enfin des fongicides (12,2 %). Le dichlorvos, le paraquat et l’aldicarbe étaient le plus souvent incriminés. La majorité des 72 cas graves retrouvés (décès ou symptômes sévères mettant en jeu le pronostic vital) étaient liés à une exposition au paraquat, à l’aldicarbe ou au carbofuran.

Le nombre d’intoxications a beaucoup diminué sur la période avec 119 cas en 2012 contre 47 cas en 2016. La réglementation serait donc suivie, dans une certaine mesure. Une amélioration qui ne concerne en revanche pas les territoires ultramarins, où les chiffres restent stables.

Origine de ces intoxications

Les expositions professionnelles étaient liées à l’utilisation de fongicides comme l’anthraquinone, le dinocap et le carbendazime, dans le milieu agricole. Cette étude ne concerne pas que les expositions professionnelles.
La majorité des cas correspondait à une circonstance accidentelle (62,4 %).

Remarque : il s’agissait principalement d’un défaut de perception du risque (12,5 %), d’un accident professionnel (9,9 %), d’un accident de la vie courante ( 8,9%), d’un accident de jardinage (7,9 %), d’une pollution de l’air intérieur (6,9%), d’un accident de bricolage/ménage (6,2%).

Les circonstances volontaires correspondent presque exclusivement à des tentatives de suicide.

La provenance des produits était rarement renseignée mais quand c’était le cas, la moitié des cas résultait d’un stockage d’anciens produits, l’autre moitié d’importations illégales, principalement du Surinam pour le paraquat ou du Maghreb pour le dichlorvos.

Marie-Odile Rambourg, coordinatrice scientifique de l’étude, préconise des actions de communication via les acteurs de terrain qui interviennent auprès des utilisateurs potentiels. Des campagnes de sensibilisation des acteurs du monde agricole ont déjà été mises en place par le ministère de l’agriculture pour alerter sur les risques et les sanctions auxquels les exploitants et les distributeurs s’exposent. L’utilisation ou la détention de produits non autorisés expose à sept ans d’emprisonnement et 750 000 euros d’amende. Les détenteurs de pesticides interdits sont responsables de leur élimination. Des lieux de collecte ont été installés, mais uniquement en métropole, fait remarquer l’auteure.

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