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Trame verte et bleue : une cartographie nationale pour identifier et prioriser les obstacles aux continuités écologiques terrestres

À la demande du ministère de la Transition écologique, le Cerema a réalisé une première cartographie nationale des obstacles aux continuités écologiques terrestres liés aux infrastructures linéaires de transport. Ce travail met en évidence 134 points noirs prioritaires et 46 points secondaires sur le territoire hexagonal.

Cette étude a été menée pour le compte de la Direction de l’eau et de la biodiversité (DEB), en partenariat avec plusieurs acteurs institutionnels, dont la DGITM, les DREAL, les Régions et le Centre de ressources Trame verte et bleue.

Un cadre juridique renforcé en faveur de la résorption des points noirs

Le décret du 17 décembre 2019, relatif aux orientations nationales pour la préservation et la remise en bon état des continuités écologiques, prévoit que les régions identifient et hiérarchisent les points noirs afin d’engager leur résorption.
Cette dynamique a été renforcée par la Stratégie nationale biodiversité 2030, qui fait de la restauration des continuités écologiques un axe prioritaire de l’action publique.

C’est dans ce contexte que le Cerema a été chargé d’élaborer une méthodologie homogène à l’échelle nationale, applicable à l’ensemble du territoire hexagonal. Trois régions pilotes (Bretagne, Normandie et Grand Est) ont été associées aux travaux.

Une méthodologie fondée sur la « franchissabilité » des infrastructures

L’identification et la priorisation des points noirs reposent sur une modélisation informatique articulée autour de cinq étapes successives.
Les infrastructures sont d’abord classées selon leur niveau de transparence écologique, c’est-à-dire leur capacité à être franchies par la faune. Cette analyse intègre ensuite l’existence d’ouvrages de transparence, la présence éventuelle d’infrastructures jumelées, puis attribue une note globale de transparence par section d’infrastructure.

Enfin, ces données sont croisées avec les trames vertes et bleues régionales, afin d’identifier les secteurs où les infrastructures constituent un obstacle majeur aux déplacements des espèces.

Des résultats opérationnels pour les acteurs de l’aménagement

Les cartographies produites recensent des points noirs concernant les routes, voies ferrées et canaux. Elles ont été transmises aux treize régions métropolitaines à la fin du second semestre 2025, afin de recueillir leurs observations et d’aboutir, courant 2026, à une liste définitive de points noirs prioritaires à résorber par région.

Ces données constituent un outil d’aide à la décision pour les DREAL, les régions, les gestionnaires d’infrastructures de transport, les aménageurs et les porteurs de projets. Elles permettront de hiérarchiser les interventions, de cibler les investissements et, à terme, d’assurer le suivi des actions de restauration des continuités écologiques.

Des solutions concrètes de résorption

La résorption d’un point noir peut notamment passer par la création ou l’adaptation de passages à faune, accompagnés de dispositifs de guidage des animaux (clôtures). Des ouvrages existants peuvent également être requalifiés, par exemple par l’aménagement de banquettes ou l’enherbement de passages agricoles. D’autres mesures complémentaires peuvent être envisagées, telles que la réduction des vitesses ou la fermeture saisonnière de certaines voies.

Deux guides méthodologiques consacrés aux passages à faune ont été publiés en 2020 et 2021, et un système d’information dédié est désormais disponible.

À noter enfin que ce travail d’identification et de priorisation sera étendu aux territoires d’Outre-mer en 2026.

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