Rapport de l’ADEME sur la filière photovoltaïque française

L’Agence de l’environnement et de la maîtrise de l’énergie (ADEME) publie un rapport de septembre 2015 sur la filière photovoltaïque française : « bilan, perspectives et stratégie ».

Bilan

Le coût d’investissement en 2014 varie du simple au triple, selon la puissance de l’installation: de 1,25€ HT/Wc pour les grandes centrales à 3,5€ HT/Wc pour les toitures résidentielles.

Le coût complet de la production d’électricité en 2014 est 1,6 fois plus élevé dans le nord que dans le sud (122€/ MWh dans le Nord-Pas-de-Calais contre 78€/ MWh en PACA).

S’agissant de la politique publique PV en France, l’ADEME estime que son bilan est « contrasté ». La particularité de cette politique a été le soutien, sur le segment des toitures, des installations intégrées au bâti. Or, la période initiale de cette politique (2006-2009), caractérisée par des tarifs d’achat très élevés, pèse fortement sur le coût global du dispositif de soutien.

Toutefois, le dispositif de soutien à la recherche et à l’innovation dans le domaine du PV est « important et permet aux acteurs français d’être présents sur de nombreuses innovations ».

S’agissant de l’état de santé de la filière, le rapport de l’ADEME dépeint une filière française « encore à la recherche de son positionnement », en difficulté économique en 2014 « sur une majorité de segments de la chaîne de valeur », notamment fabricants de modules.

L’ADEME indique que « face à la compétition internationale, les acteurs français se spécialisent sur un certain nombre de niches et, dans le cas des industriels, jouent le pari de la différenciation par l’innovation, pari complexe en raison du besoin de financement lié à l’industrialisation et à la commercialisation des innovations. »

En ce qui concerne les emplois, le nombre d’installateurs « QualiPV » est passé de 4000 en 2011 à 1000 en 2014. L’ADEME indique que d’après les installateurs interrogés, cela a permis de gagner en maturité sur ce segment.

Entre 2010 et 2014, le nombre d’emplois directs de la filière a été divisé par trois (8 000 fin 2014). En comptant les emplois indirects, on arrive au double : 16 000 emplois fin 2014.

Perspectives d’avenir

Il ressort en premier lieu de ce rapport que d’ici 2020, le marché mondial du photovoltaïque aura profondément changé. En effet la demande se déplace vers l’Asie et des modèles sans subvention se développent.

Selon l’ADEME, Pour le marché français, le développement de tels modèles sera possible à partir de 2020.

En second lieu, le coût de fabrication du « système photovoltaïque (PV) » devrait diminuer de 35% en 2025 par à 2014.

Par ailleurs, la compétitivité de l’énergie photovoltaïque augmente. Ainsi, les « modèles d’affaires » (autoconsommation, flexibilité locale et agrégation de production) devraient vite évoluer.

  • Les centrales au sol seront rentables en 2021, et seront de plus en plus compétitives face au marché à horizon 2025, dans le sud de la France.
  • La rentabilité de l’autoconsommation sans stockage pour les grandes toitures apparaît en 2021 dans le sud de la France si les prix de marché et de détails restent similaires, et si 70% de l’énergie produite est autoconsommée.
  • Pour les petits systèmes sans stockage, pour lesquels une majorité de l’électricité produite serait autoconsommée, le seuil de rentabilité sans subvention pour les particuliers pourrait apparaître en 2020 dans le sud. Ce seuil dépend néanmoins fortement du taux d’autoconsommation.

 

L’ADEME précise enfin que « dans un scénario raisonnable de déploiement du PV sur les futurs bâtiments BEPOS, les constructeurs de bâtiments neufs pourraient déployer 800MW/an sur leurs bâtiments une fois la RT2020 en place. »

Stratégie

L’ADEME recommande une politique publique volontariste pour la période 2016-2020.

En ce qui concerne le soutien à l’offre, notamment, l’ADEME demande à ce que soit donnée aux acteurs français l’opportunité d’être compétitifs sur le marché mondial, à travers un soutien à l’innovation renouvelé et un soutien à l’export renforcé.

S’agissant des Zones Non Interconnectées (ZNI), le coût complet moyen de production est très élevé, entre 160 et 350 €/MWh. Cependant, du point de vue de la collectivité, le PV y est profitable car son cout de revient peut être inférieur à ces coûts de production.

La plupart des ZNI atteignent le seuil règlementaire de 30% d’ENR. Cela nécessite de déconnecter fréquemment les installations PV, ce qui empêche donc tout développement de nouvelles installations hors appels d’offre ZNI.

L’ADEME recommande donc une modification de la réglementation sur ce point.

Source : Rapport de l’ADEME

À propos de l’auteur

COUSSY AVOCATS ENVIRONNEMENT ENERGIE URBANISME

Reconnu en droit de l'énergie et de l'électricité (CRE)
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Reconnu en droit de l'urbanisme
Reconnu en droit de la sécurité (CNAPS, CNAC, CIAC)

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